22 mai 2017

Attractivité : la France retrouve les faveurs des investisseurs étrangers

Attractivité : la France retrouve les faveurs des investisseurs étrangers

 

Le nombre de projets d’investissements a bondi de 30 % dans l’Hexagone en 2016, selon le dernier baromètre E&Y. La France rattrape en partie son retard sur le Royaume-Uni et l’Allemagne, mais reste en troisième position en Europe.

Rarement un nouveau président élu aura suscité autant d’intérêt et d’enthousiasme à travers le monde. C’est une bonne nouvelle pour la France qui cherche depuis plusieurs années à regagner les faveurs des investisseurs étrangers. Mais la vraie bonne nouvelle pour l’Hexagone, c’est que ces investisseurs n’ont pas attendu l’entrée d’Emmanuel Macron à l’Elysée pour parier sur la France.

D’après les chiffres du dernier baromètre Ernst&Young sur l’attractivité, les projets d’investissements étrangers en France ont bondi de 30 % en 2016 par rapport à 2015. Un projet d’investissement correspond à une première implantation ou une extension de site avec des créations d’emplois.

Ralentissement au Royaume-Uni

Une telle hausse ne s’était pas observée depuis des années. Au total, 779 projets d’investissements étrangers ont été réalisés en 2016, créant près de 17.000 emplois en France. Un nombre de postes de travail en augmentation de 24 % par rapport à 2015.

Cette tendance positive est perceptible dans toute l’Europe qui récolte les fruits d’un euro faible, et qui tire aussi profit de la baisse de la croissance chinoise et des difficultés combinées du Brésil et de l’Inde. Mais la France est tout particulièrement dynamique puisqu’elle parvient à rattraper une partie de son retard sur ses concurrents allemands et anglais qui continuent de la devancer.

Si le Royaume-Uni reste en tête avec 1.144 nouveaux projets d’investissements, sa progression n’est « que » de 7 %. Et elle pourrait fléchir encore avec les premiers effets du Brexit attendus pour les prochains mois (l’année 2016 n’a pas été affectée), notamment la relocalisation de certains activités en Europe continentale, et pas seulement dans les secteurs financiers et bancaires.

« On est moins dans le French bashing »

En France, les projets tertiaires et commerciaux ont progressé de 56 % entre 2015 et 2016. Les projets logistiques ont, eux, augmenté de +31 % avec des exemples emblématiques comme Amazon qui a créé 500 emplois en 2016, notamment sur son site de Boves en Picardie , ou encore FedEx qui a doublé la capacité de son hub logistique de Roissy .

« Ce rattrapage de la France est du à deux facteurs principaux, selon Marc Lhermitte, associé chez E&Y. D’abord un effet compétitivité avec le Pacte de responsabilité, dont les entreprises mesurent désormais l’impact, et qui devrait s’accompagner d’une baisse de l’impôt sur les sociétés dès 2018. Le deuxième facteur, c’est l’image de la France qui s’est transformée. On est beaucoup moins dans le « French bashing ». En 2016, la France a commencé à réformer son droit du travail avec la loi El Khomri, c’est un signal pour les investisseurs. »

La recherche et l’innovation séduisent

Parmi les réformes à mener en priorité, selon les décideurs étrangers interrogés par E&Y, figure d’ailleurs l’approfondissement de cette réforme du droit du travail pour « plus de flexibilité ». Ce qu’a promis de faire Emmanuel Macron sans tarder . Les investisseurs étrangers citent aussi l’amélioration de la compétitivité fiscale de la France (baisse de la taxation du capital notamment), ou encore l’intensification de l’action de simplification administrative pour les entreprises. Autant de chantiers que le nouveau gouvernement compte mener rapidement.

Du côté des acquis à conserver et à cultiver, les dirigeants étrangers citent volontiers l’excellence française en matière de recherche et d’innovation. Ce n’est pas un hasard si le groupe Siemens a rapatrié son centre danois de R&D en débitmétrie dans le Bas-Rhin, un site qui a vocation à devenir le centre de compétences mondiales du groupe allemand. De même, l’équipementier télécom chinois Huawei a choisi la France pour ouvrir son deuxième centre mondial de recherche en mathématiques.

Deux exemples qui prouvent que les politiques de long terme, qu’elles soient éducatives ou fiscales, portent leurs fruits. En l’occurence, les compétences des ingénieurs et scientifiques français, couplées à l’attractivité du crédit d’impôt recherche qui n’a pas été remis en cause depuis sa création en 1983 – il a même été amplifié en 2008- ont su créer un véritable appel d’air pour les investisseurs étrangers.

Marie Bellan