06 NOVEMBRE 2017

Huawei fait le point sur le déploiement des réseaux NB-IoT

Huawei fait le point sur le déploiement des réseaux NB-IoT

Le géant chinois Huawei croit fort dans le NB-IoT, une technologie cellulaire pour l’Internet des objets. Lors de son événement Eco Connect 2017 à Berlin, l’entreprise a fait le point sur le déploiement de réseaux et de capteurs NB-IoT, en Chine et ailleurs.

Chez Huawei, quand on parle d’IoT (Internet of things), les initiales « NB » ne sont jamais très loin. Rien à voir avec la locution latine, ici, on parle du diminutif de « narrowband IoT », réseaux IoT à bandes de fréquence étroite. Huawei a contribué ces dernières années à définir cette technologie de réseau cellulaire utilisant des bandes de fréquence sous licence*, reconnue par la 3GPP (l’instance de standardisation des télécoms). Le Chinois s’emploie maintenant à la promouvoir, notamment auprès de ses partenaires et clients. Il ne fabrique pas lui-même des objets électroniques compatibles et ne crée pas d’applications mais produit des puces (avec un système d’exploitation spécifique, Lite OS), des équipements télécoms et logiciels SAAS.

DÉJÀ 5 MILLIONS DE CAPTEURS EN CHINE

Huawei a fait le point sur le déploiement de réseaux et capteurs NB-IoT lors de son événement européen Eco-Connect à Berlin, fin octobre 2017. Il estime à 5 millions le nombre d’objets et capteurs connectés en NB-IoT : 1 million de capteurs dans des usines, 700 000 compteurs d’eau, 100 000 compteurs de gaz, 100 000 lampadaires connectés, 100 000 vélos (en partenariat avec la start-up locale Ofo, qui s’étend en Europe), 50 000 capteurs de parking…

Des chiffres qui démontrent que Huawei veut développer l’usage du NB-IoT dans de nombreux secteurs : industrie 4.0, logistique, smart city, agriculture, mais aussi smart home et électroménager. 100 000 produits électroménagers disposant d’une connectivité NB-IoT (notamment pour la maintenance à distance) ont déjà été vendus en Chine, notamment par la marque Haier.

21 RÉSEAUX LANCÉS

Huawei ne souhaite pas faire du NB-IoT une technologie purement chinoise : avec les 1 500 membres de la NB-IoT Alliance (dont six autres fabricants de puces), il veut en faire un standard mondial. De ce point de vue aussi les choses avancent : 21 lancements commerciaux de réseaux ont eu lieu en octobre 2017, dont trois en Chine ; une vingtaine de plus sont attendus d’ici février 2018, selon le GSMA. Attention tout de même, on parle dans certains cas de lancements partiels dans quelques villes et pas de déploiements nationaux. Vodafone, l’un des grands promoteurs du NB-IoT, offre une couverture nationale dans deux pays (Irlande et Pays-Bas) sur les cinq où il a commencé à mettre à jour son réseau 4G (le NB-IoT ne nécessitant qu’une mise à jour logicielle du réseau).

ET EN FRANCE ?

Quid de la France, pays qui a vu naître deux technologies concurrentes, Sigfox et LoRa ? Pas encore de réseau NB-IoT à l’horizon mais cela pourrait rapidement changer. Orange est d’ailleurs cité par Quectel (un fabricant de modules IoT très proche de Huawei)  comme l’un des opérateurs « impliqués dans le NB-IoT », alors que l’opérateur français n’est pas officiellement adhérent à l’alliance NB-IoT. Dans l’hexagone, des clients comme Veolia, qui s’est impliqué en amont dans la définition du standard (notamment pour les usages liés à l’eau), attendent impatiemment le déploiement d’un réseau national. Le groupe français travaille déjà avec Huawei dans des pays où les réseaux sont disponibles, comme la Chine, sur des solutions de gestion connectée des déchets.

*Les réseaux LPWA (low power wide area) s’appuyant sur les technologies SIgfox et LoRa utilisent, de leur côté, des bandes de fréquence libres.