Paris, 24 novembre 2016

Huawei se démène pour trouver des débouchés à la 5G

Huawei se démène pour trouver des débouchés à la 5G


Ken Hu, un des directeurs généraux tournants de Huawei. (Crédits : Reuters)

A Tokyo, lors de son forum annuel dédié à l’avenir des technologies mobiles, l’équipementier chinois a plaidé pour davantage de collaborations entre le monde des télécoms et les industriels d’autres secteurs, comme la santé ou l’automobile. Pour Ken Hu, un des directeur généraux tournants de Huawei, il s’agit d’un impératif pour élargir le marché et favoriser le passage à la 5G dans quelques années.

La technologie, c’est bien. Mais si les usages ne sont pas au rendez-vous, elle ne fera pas son nid. Voilà, en somme, le message qu’a martelé Huawei, lors de la septième édition de son forum annuel, à Tokyo, consacré à l’avenir à la 5G, la prochaine technologie de communication mobile. Pour ce faire, l’équipementier chinois aux 60 milliards de dollars de chiffre d’affaires milite pour que le monde des télécoms travaille davantage avec les industriels d’autres secteurs. Parmi eux, on trouve les entreprises spécialisées dans la santé, l’automobile, la robotique, la réalité virtuelle, ou encore les acteurs de la smart city ou de l’usine du futur.

D’après Ken Hu, un des directeurs généraux tournants de Huawei, s’allier avec ces « industries verticales » est aujourd’hui la priorité des priorités. Pourquoi? Parce qu’il faut bien donner aux professionnels et particuliers des raisons valables pour se convertir, à terme, à la 5G, dont les premiers vrais déploiements commerciaux sont attendus au mieux d’ici 2020 ou 2021. Pour Huawei, l’enjeu est de taille : plus de la moitié de ses revenus provient des équipements télécoms qu’il vend aux opérateurs du monde entier. Pas question, sachant cela, que la 5G ne tienne pas ses promesses. Si aux yeux du grand public, celle-ci est souvent uniquement synonyme d’un débit faramineux, cet argument est loin, pour l’équipementier chinois, d’être suffisant pour développer suffisamment le marché.

Des débouchés prometteurs dans la robotique

Parmi les intervenants de son forum, Huawei a donc privilégié les groupes qui, sur leurs secteurs respectifs, réfléchissent à des solutions qui nécessiteront cette fameuse 5G. Parmi eux, on trouve notamment Yaskawa Electric, un des leaders de la robotique japonaise. Son dirigeant, Junji Tsuda, a expliqué que les technologies mobiles vont devenir cruciales dans son secteur. D’après lui, les robots ne seront plus, à l’avenir, figés sur de simples chaînes de montages. Au contraire, « ils travailleront aux côtés des humains » et se déplaceront davantage. Ce qui nécessitera, logiquement, des réseaux mobiles beaucoup plus performants qu’aujourd’hui pour les faire fonctionner.

Au forum de Huawei, la 5G est de manière générale présentée comme la technologie de choix pour connecter tous les objets et autres machines à Internet, que ce soit en haut ou en bas débit. C’est pourquoi, à ce sujet, l’équipementier chinois se garde bien d’évoquer les technologies concurrentes – à l’instar, par exemple, de celle du français Sigfox -, qui ne font pas partie de l’écosystème mobile traditionnel. Pour éviter que de nouveaux arrivants cannibalisent ce segment stratégique avant le lancement de la 5G, Huawei a récemment dégainé une « 4,5G » maison, qui permet notamment de connecter des objets en bas débit. Pendant son forum, l’équipementier chinois en a fait largement la promotion. Il a annoncé un partenariat s’appuyant sur cette technologie avec l’opérateur nippon Sofbank, pour développer des parkings connectés. Pour Huawei, aucun doute : la bataille des usages des communications mobiles de demain se joue maintenant.