06 septembre 2017

Huawei veut sa part dans le Cloud public

Huawei veut sa part dans le Cloud public

La conférence utilisateurs et partenaires de Huawei, Huawei Connect, se tient actuellement à Shanghaï avec 20 000 visiteurs attendus au cours de la manifestation. Lors de la première journée, les cadres de l’entreprise, la PDG intérimaire en tête, ont décliné à foison leur vision stratégique qui se résume en un seul mot : Cloud, public s’entend, avec la volonté d’être un des 5 survivants à se partager le marché du Cloud public mondial.

Guo Ping, deputy chairman of the board et rotating CEO de Huawei (2ème à partir de la gauche), et Zheng Yelai, patron de la BU Cloud (3ème).

Quand on parle de Cloud public, on s’attend souvent aux noms de Google, ou d’Amazon Web Services et encore de Microsoft. On évoque moins Baïdu, AliBaba, Tencent ou Huawei. Pourtant, sur 2017, la base d’utilisateurs du cloud public de Huawei a connu une croissance de 238% avec la mise en œuvre de 40 nouveaux services regroupant plus de 4500 fonctions nouvelles dont le datawarehouse, la protection contre les attaques DDOS et el CDN. De nombreux clients chinois ou internationaux étaient d’ailleurs présents sur scène, comme Thierry Bonhomme, le CEO d’Orange Business Services. Citons le CERN, Veolia Group comme les entreprises qui parleront le plus au public français.

L’entreprise intelligente

Ces chiffres s’expliquent par un basculement rapide des entreprises vers le modèle du cloud hybride, avec des parties privées et d’autres publiques, et les stratégies de transformation numérique alliant big data, internet des objets et intelligence artificielle. Cette dernière technologie se généralise principalement pour apporter de l’automatisation sur des tâches à faible valeur ajoutée et répétitive. Bien compris par le géant chinois qui lance un service dans le Cloud Entreprise Intelligence (EI), une solution d’intelligence artificielle pour l’entreprise avec machine learning, deep learning, analyses de graphes, reconnaissance de la voix et de caractères. Le tout repose sur la plate-forme de Huawei et un jeu complet d’API pour l’intégration.

Le club des 5

Le futur du cloud public ne s’écrira pas dans la bibliothèque rose ou verte mais dans une lutte farouche pour les parts de marché et l’arrivée à une taille critique significative pour rester sur le marché. Fort des premiers résultats, Huawei affiche la volonté de construire pour les entreprises un des 5 meilleurs Clouds du monde et se convie à la table des grands offreurs de Cloud public à l’instar des GAFA.

Les piliers de cette ambition : la R&D, la sécurité et la culture de services reconnus de Huawei. On peut y ajouter une force de frappe en développement et en support impressionnante.

L’union fait la force

Fidèle à sa culture indirecte, Huawei mise sur son écosystème pour réussir son pari. Pour l’actualité, un partenariat avec Microsoft a été rendu public lors de la manifestation indiquant que les applications de Microsoft seraient présentes sur le Cloud de Huawei.

Plus original, Huawei veut avec son écosystème créer une alliance de cloud public à l’image des programmes de fidélité des compagnies aériennes comma Skyteam ou One World. Rappelons que le cloud de Huawei est la plate-forme sous-jacente pour de nombreux clouds publics comme ceux d’Orange Businesss Services, Deutsche Telekom ou Telefonica. La proposition est sur la table. Les modalités exactes de cette alliance semblent encore à définir et ressemblent plus à un constat de la difficulté pour Huawei de s’imposer en Occident face à des réticences plus politiques que réelles.

Dans le domaine Huawei veut aussi faire valoir ses différences comme la volonté de ne jamais monétiser les données de ses clients comparativement à certains de ses concurrents et de mettre en avant sa culture du service, de sécurité et d’innovation que peu lui contestent aujourd’hui.